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LE SILENCE DES SAINTES

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Un pèlerinage, c’est à la fois un acte intime et une démonstration publique.


A chaque mois de mai, aux Saintes-Maries, gitans de Provence et manouches d’Allemagne, roms de Roumanie et tsiganes de nulle part, marchent derrière la statue de Sainte-Sara. Une manière de prier pour soi, mais aussi de se donner à voir comme un « peuple ».
Pourtant, au-delà de l’oecuménisme folklorique, ce rassemblement souligne des différences, voire des tensions entre ces communautés dites du voyage. Il y a là des catholiques, des charismatiques membres de la Communauté de l’Emmanuel, des orthodoxes, des protestants-pentecôtistes…
Derrière les religions, ce sont en fait d’autres lignes de fractures qui apparaissent, celles qui séparent nomades et sédentarisés, gens du nord et méditerranéens…
Le culte de Sainte-Sara, érigé au début du XIX siècle en métaphore de l’identité gitane, est l’occasion de mettre en scène une origine commune, quelque part en Orient, sur les berges de l’Indus. Mais cela suffit-il à définir l’identité commune d’une population généralement vouée aux gémonies et aux fantasmes ?

Réalisation : Jean Louis ANDRE
Production : Aller Retour Productions/Armoni Production/France Télévisions